Article de Vogue !


Comme nous vous l’indiquions le 10 août dernier (ici), Gaga fait la couverture de Vogue.
Retrouvez ci-dessous la traduction complète de l’article, intitulé ‘Fille de Rêve‘, publié dans la revue à cette occasion !


Qu’elle fasse le tour du monde avec une extravagance avant-gardiste ou qu’elle lance un parfum hors du commun, Lady Gaga rencontre le futur selon ses propres termes extrêmement inventifs.
 
Il est minuit passé au Park Hyatt de Tokyo, le gratte-ciel élégant rendu célèbre par le film Lost in Translation, et à cette heure, il semble qu’il y ait plus de personnel que de clients. Je reviens juste d’une sortie lorsque soudainement il y a de l’agitation dans le hall solennel et confidentiel. Un beau jeune homme apparait et se met à faire des signes à quelqu’un que je ne peux pas voir dans un coin. Puis il dit, dans un murmure bruyant, « La côte est claire ! »
Après cela, une femme poussant une chaise roulante passe le coin et se presse à travers le hall vers l’ascenseur. La personne dans la chaise roulante est penchée sur le côté, comme si elle était soule, et est couverte par une étole, ou ce qui semble être une écharpe Hermès démesurée (Cela pourrait être du Versace. Difficile à dire. Ils bougent très vite.) Et puis zou ! Juste comme ça, les trois s’engouffrent dans un ascenseur ouvert et sont emmenés en haut et disparaissent.

Cela devait être Gaga. Elle est ici pour trois soirées du Born This Way Ball au Saitama Super Arena. Lorsque je la rencontre enfin quelques jours plus tard dans l’hôtel, c’est la première chose que j’aborde. Gaga porte une tenue exagérément kitsch, portant une robe plastifiée qu’elle a acheté dans le quartier Harajuku plus tôt dans la journée. Elle est de la couleur d’un sac poubelle et est molletonnée, avec un gros logo Chanel en travers de la poitrine ; mais il est tellement évidemment faux qu’on dirait qu’il vous demande de rire et de ne pas vous inquiéter de sa provenance. Elle porte aussi tellement de bracelets en « or » et de colliers, avec des boucles d’oreille géantes, que le moindre mouvement crée une symphonie de tintements. Ses cheveux (ou sa perruque) sont teints de deux couleurs – blond et une couleur cuivrée qu’elle appelle « renard » – et ont été coiffés en une queue de cheval haute sur le côté droit de sa tête. (« J’adore ma queue de cheval sur le côté, » dit-elle, « elle me donne immédiatement l’impression que j’ai 4 ans ¾. ») Quand j’en viens à la femme apparemment invalide couverte d’une étole géante et chic qu’on a fait rouler à travers le hall, elle plisse les yeux et dit, en haletant, « Fabuleux. » Puis elle secoue la tête brusquement : Non. Désolée de vous décevoir. Ce n’était pas moi.
 
Ça aurait pu tellement être vous, dis-je.
 
« Oui ça aurait pu… » dit-elle en se redressant, reconnaissant peut être là une opportunité de semer le désordre. « Je devrais juste dire, ‘Oui c’était moi.’ »
 
J’ai supposé que ça en dit affreusement beaucoup sur la manière dont le sens du chahut de Gaga s’est infiltré dans notre subconscient. Le voile fashion… la chaise roulante tragicomique… « l’ivresse » publique – tout cela vient du manuel de la Lady. Et le fait que je ne sache toujours pas si c’était Gaga ou non n’est pas exactement ce qui compte. Elle se fiche que ce soit « vrai » ou « faux », car il y a plus de frisson – plus de zeste, plus de fun – dans le questionnement.
 
Gaga a toujours eu un rapport particulier avec la vérité. Elle l’a dit plusieurs fois sur scène, « Je déteste tellement la vérité que je préfèrerais une dose géante de conneries. » (Même la véracité de cette déclaration peut être mise en question.) Ces mensonges taquins sont l’une des nombreuses raisons pour lesquelles le peuple du Japon s’est tellement entiché d’elle. Lorsqu’elle se produit ici, beaucoup de ses fans japonais exceptionnellement dévoués sautent sur l’occasion pour porter de magnifiques tenues de leur cru. D’ici la semaine prochaine, certains camperont devant l’hôtel durant des heures, des jours, parfois sous la pluie battante, attendant de voir l’automobile de Maman Monstre aller et venir. Occasionnellement, elle demandera à son chauffeur de s’arrêter, la porte du van s’ouvrira, et la foule étrangement propre surgira gentiment, l’approchera, pleurera, mais cependant restera presque entièrement silencieuse. Comme Lady Gaga le dit elle-même, « Je crois que cela relève de l’obsession du fantasme. Le flou entre le fantasme et la réalité est quelque chose que les Japonais portent dans leur vie, dans leur commercialisme quotidien. D’une certaine manière, je pense que je me fonds dans la masse ici. »
 
Quand on y pense, il y a quelque chose de japonais dans l’ADN de l’entreprise Gaga toute entière. L’obsession des monstres ; l’aspect mi-effrayant, mi-mignon de la Lady elle-même (pensez Godzilla, pensez Mothra) ; la vibration de geisha poudrée ; le réalisme magique de Murakami. Elle est même le sujet d’une exposition de photos grand format en noir et blanc de Nobuyoshi Araki où on la voit attachée et nue – cette exposition est montée dans une galerie éphémère dans un grand centre commercial pas loin de notre hôtel : elle est la seule femme non-japonaise qu’il ait photographié pour sa scandaleuse série de photos bondage. Comme me le dit un directeur de maison de disques japonais, « Tout le monde l’adore, même les grands-mères qui n’ont jamais entendu sa musique. » Gaga a été la première à donner plus d’un million de dollars pour l’aide après le tremblement de terre et le tsunami, et elle est venue de nombreuses fois dans le pays, avant et depuis cette terrible tragédie. D’une certaine façon, elle est comme une héroïne nationale adoptée, la mascotte japonaise ultime – un jouet mi-humain, mi-cartoon en peluche.
 
Il y a aussi le fait que l’esprit du Club Kid, cette invention new-yorkaise du début des années 90 (un moment qui a clairement laissé une marque sur LG), n’est jamais mort à Tokyo. Les jeunes gens de cette ville s’habillent régulièrement comme s’ils allaient à un bal costumé – ou comme s’ils avaient cinq ans. En fait, six femmes de ce genre – Miki, Mio, Lisa, Junko, Meg et Kaoru – viennent un soir en coulisses pour dire bonjour après le show de Gaga, qui a lieu le jour de la Fête des Mères. Elle est vêtue d’une longue tenue à capuche, ample et en soie, imprimée d’un motif gothique de roses et de petits squelettes, qui a été créée par Donatella Versace (tout comme de nombreux costumes de la tournée).
 
« Vous me manquez, » dit Gaga de sa voix geignarde et endormie. Un festival de câlins entre filles s’ensuit. Les appelant par leurs prénoms, Gaga les interroge sur leurs vies. Elles lui disent qu’elles sont allées ensemble à New York et qu’elles sont allées au restaurant de son père, Joanne. « Vous avez rencontré ma mère ? » demande-t-elle. Quelqu’un sort un téléphone portable et le tend à Gaga. Elle se retourne pour me montrer la photo : « Regardez comme elles sont mignonnes. Elles portent toutes des vestes Little Monster. » Il est difficile d’imaginer une autre star de cette importance être aussi intime avec ses fans. Plus tard Gaga me dira, « Je les adore. Je les vois chaque année quand je vais à Tokyo et elles voyagent autour du monde pour me voir. Elles sont tellement spéciales et magnifiques et gentilles ! »
 
Faisant du sur-place pas loin, filmant tout ceci, il y a Terry Richardson, qui a suivi Gaga durant le Monster Ball pour le livre de photos Gaga x Terry Richardson, sorti l’automne dernier ; il est de retour, capturant chaque mouvement pour ce qui pourrait devenir un documentaire ou, on l’espère, quelque chose de plus étrange. Alors que la caméra de Richardson tourne, les filles annoncent qu’elles ont répété un petit spectacle. Ce qui suit est simplement au-delà de la description, mais il suffit de dire qu’avec ses dialogues guindés parsemés d’un langage délibérément coquins, c’est l’un des moments les plus étrangement poignants auquel j’ai jamais assisté.
 
Alors que le sketch touche à sa fin, Miki annonce qu’elles ont une « récompense » pour Lady Gaga. Elle déroule un morceau de tissu rouge d’un mètre cinquante de long sur le sol alors qu’une des autres filles installe une boite ouvragée à un bout. « C’est un tapis rouge ? » demande Gaga en commençant à rire. « Oui ! » disent-elles, à l’unisson. Elle fait deux petits pas dessus, s’agenouille, et ouvre la boite – Enveloppée dans du verre se trouve une réplique de la maintenant familière « patte » de Gaga, une main acérée dont on dirait qu’elle essaie de creuser pour sortir d’une tombe profonde, mais couverte de bijoux. Gaga aspire sa respiration. « Je l’adore ! » dit-elle. « Vous l’avez fait faire ? »
 
« On l’a fait nous-mêmes. »
 
« Vous avez fait ça ? » dit-elle. « Je vais en prendre soin pour toujours. » Elle semble presque embarrassée par l’extravagance de ce geste. « Vous savez les filles, » dit-elle un moment plus tard, « Vous n’avez pas à m’amener de cadeaux. Je suis toujours heureuse de juste vous voir. Faites attention à vous, OK ? » (Plus tard, j’ai échangé des emails avec Miki : « Nous travaillons si dur et économisons de l’argent pour aller aux spectacles et la rencontrer car elle fait étinceler nos vies ! »)
 
La meilleure expérience à faire de Gaga est en live. Sa musique, sa voix, sa facétie, ses costumes ; tout est mieux en live. Comme Marla Weinhoof, qui a dirigé la conception des scènes de Gaga pour son nouveau spectacle, me l’a dit, « C’est une Judy ou une Barbara. Je ne l’ai jamais vue rater son coup. Je ne l’ai jamais vue chanter une mauvaise note. J’ai vu la technologie lui faire défaut, mais elle ne nous a jamais laissé tomber. » Mais ce n’est pas seulement sa maitrise du spectacle, c’est la présentation de ses idées sur scène – intelligente, souvent brillante, occasionnellement sublime – qui met Gaga dans une catégorie qui lui est propre.
 
A la fin de 2010, j’ai regardé Gaga performer pour quatre dates à guichets fermés en Europe pour un article de ce magazine et alors que Gaga elle-même était hypnotique, la mise en scène était un peu gnangnan – le trop littéral monstre qui dominait la scène, les fines allusions au Magicien d’Oz. Cette tournée avait commencé dans des salles relativement petites, mais au milieu, elle avait gagné des millions de nouveaux fans, et le Monster Ball s’est fait à la va-vite. En d’autres termes, elle n’avait pas entièrement le contrôle.
 
Le Born This Way Ball, cependant, est la tournée de ses rêves, conçue par elle du début à la fin comme un spectacle ridiculement extravagant fait pour les stades immenses partout dans le monde. (Après avoir traversé l’Asie et l’Australie, la tournée se dirigera vers l’Europe, arrivant aux Etats-Unis en début d’année prochaine.) Lorsque je lui dis que le spectacle a un aspect effrayant, un aspect plus adulte, elle laisse échapper un glapissement. « Oui il était intentionnel que ce show soit plus sophistiqué et plus élégant – un peu plus propre. Parfois je pense qu’il y a une ligne très fine entre impressionnisme et négligé. Donc nous avons essayé de faire ça plus comme de l’Impressionnisme Français et moins comme un dessin d’enfant fait au doigt. » Elle rigole. « Je voulais vraiment briser le moule de ce qu’est une tournée moderne à ce jour. La chose la plus importante pour moi était qu’il n’y ait pas d’écrans vidéo. Pourquoi ne pas simplifier tout ça pour que vous ne regardiez que moi et les danseurs tout le long ? »
 
La scène elle-même est ce qu’elle appelle une « forteresse, ou un royaume, » et lorsque Gaga apparait soudainement au sommet de celle-ci, dans une tourelle, dansant à 15 mètres au-dessus du public, les débats prennent un air de peur et de danger : Tasca sous stéroïdes. (Le fait qu’elle ait souffert d’une commotion cérébrale quelques semaines plus tard montre à quel point le danger est réel.) « Peu importe combien de fois vous répétez sur cette scène, une fois que vous avez 30.000 personnes avec des flashs d’appareils photos dans l’équation, ça devient plutôt intense. »
 
J’ai assisté à leur huitième performance – et Gaga était restée debout toute la nuit précédente, repensant à plusieurs éléments. « J’ai ces bouffées cycliques de créativité qui sont vraiment très excitantes, » dit-elle. « Le jour où vous avez vu le show, j’avais déjà changé pas mal de choses en fait. Nous avons dû créer de nouveaux costumes ; la Haus of Gaga a cousu toute la journée – pour prendre quelque chose de déjà génial et le rendre vraiment génial. »
 
Il y a des moments vraiment perturbants et exaltants – comme lorsque Gaga traverse la scène en flottant dans une longue robe blanche, portant un casque qui la fait ressembler à un fabuleux insecte alien ; ou lorsque Gaga roule dans le stade comme une moto humaine, ses bras et sa tête drapés sur le guidon ; ou lorsqu’elle et sa troupe de danseurs font un long hommage au « Rhythm Nation » de Janet Jackson pour la chanson « Scheiβe » de Gaga, qui s’ouvre avec la phrase « Je ne parle pas allemand, mais je peux si tu veux. » (Scheiβe signifie « conneries » en allemand.) Mais assez bizarrement, l’élément scénique dans le show qui m’a le plus surpris et ému est basé sur la robe en viande. Lorsque cela a commencé, j’ai eu un mouvement de recul : Pourquoi ressortir ça ? Mais Gaga a pris le concept de la robe en viande, l’a étendu, a mis en scène toute l’idée de sa chanson Edith Piaf-esque sur l’immigration, « Americano », et quelque chose d’incroyable s’est passé.
 
Rien sur la scène n’est fait de véritable viande, cela dit, mais de loin on dirait que c’est le cas. Et sa petite robe-boule en viande sans bretelle, il faut le dire, est adorable. Quand je lui dis à quel point elle est mignonne dedans, elle saute presque de son siège. « C’était précisément la conversation qu’on a eue lorsque nous l’avons faite : Prenons son côté grotesque et rendons là bien taillée et jolie. » Mais il y a bien plus que ça : Gaga entre en scène par la droite, accrochée à un crochet à viande à côté d’énormes pavés de bœuf ; les danseurs vêtus comme des agents de la frontière ; les danseuses en bikinis de viande ; un broyeur à viande géant, matelassé et avec des éléments dorés, comme s’il était fait par Chanel ; qui se nourrit de Gaga à la fin.
 
« Nous parlions de la conception du spectacle, » me dit-elle, « et j’ai dit, OK, si j’étais la grand-mère de quelqu’un et que j’allais à un concert ce soir. Comment saurais-je que c’est un concert de Gaga ? Et on s’est tous regardé et on a dit, ‘La Robe en Viande’. Nous avons beaucoup parlé du but premier, qui était de créer un costume qui indique le fait que sous toutes nos différentes couleurs de peau et religions et croyances, nous sommes tous fait de chair et d’os. Et puis cette image de la fin des années soixante-dix m’est venue à l’esprit, d’une femme mise dans un broyeur à viande sur la couverture du magazine Hustler, et qui m’a vraiment terrifiée lorsque j’étais enfant. Donc j’ai essayé de tourner tout ça d’une manière humoristique, politique et sexuelle sur scène… Faites-moi confiance : ça marche. Un chanteur de folk célèbre m’a dit un jour, « Le rock’n’roll est beaucoup de choses, mais il est rarement drôle. Il se prend lui-même trop au sérieux. » Si c’est le cas, alors Lady Gaga accomplit l’un des plus grands tours de magie du 21ème siècle : elle rend le rock’n’roll hilarant. Et ce n’est pas amusant à la manière de B-52. Ça l’est à la manière de Marina Abramovic. Vous riez alors que vous êtes impressionnés. Lorsque je lui dis ça, elle répond, « Comme c’est merveilleux lorsque le show est terminé et je rencontre des jeunes de quatorze ans en coulisses et je leur dis, ‘Quelle était votre partie favorite ?’ et ils disent, ‘La robe en viiiiiiiande !!!!’ » Elle rit nerveusement. « Donc cela dessert deux buts : vous avez eu un moment transcendant, et mes fans de quatorze ans adorent juste la robe en viande. »
 
Après un show un soir, je regarde alors que Gaga rejoint spontanément le trio jazz-pop qui joue au New York Bar au sommet du Park Hyatt. Portant une robe noire et brillante faite sur mesure de chez Atelier Versace, des cuissardes Giorgio Armani et des mitaines en cuir noir, elle se perche sur un tabouret entre le piano et la basse et gronde et ‘scat’ une version joyeuse du standard de 1950 « Orange Colored Sky. » Au milieu de la chanson, une touriste américaine éméchée dans le public dit, beaucoup trop fort, « Je l’adore maintenant ! Je ne l’avais jamais appréciée avant ce moment ! »
 
Les habilités musicales de Gaga sont plutôt bien documentées à ce jour, mais il y a encore une grande flopée de gens qui ne voient pas au-delà des costumes bizarres, la réduisant à un poids léger de la chanson ou une attraction mineure de carnaval – un article malhonnête. Lorsque j’aborde cette révélation faite par un gentleman (qui a été diffusé sur YouTube), Lady Gaga me surprend par sa sérénité. « Eh bien, pour sa défense… » Elle rigole. « Mes disques ne vous amènent pas toujours à être enchantés par les lignes vocales ou mon habilité technique pour le jazz. Donc vous ne pouvez pas blâmer les gens qui ne connaissent pas les choses que vous ne rendez pas accessibles. » Les chansons de Gaga sonnent, pour la plupart d’entre elles, comme de la musique de fête conçue pour les dancefloors. « Je ne fais pas vraiment des disques pour que les gens les écoutent et disent ‘Wow, elle est géniale’, » dit Gaga. « J’aimerais vraiment que vous commandiez un verre, peut être embrassiez la personne avec qui vous êtes venus ce soir, ou redécouvriez quelque chose de votre passé qui vous rend encore plus courageux. »
 
Le single « Born This Way » a été le single le plus vite vendu dans l’histoire d’iTunes, mais l’album Born This Way, malgré d’enthousiasmantes critiques, a été considéré comme une déception. Lorsque je demande à Gaga si elle a été contente de l’accueil de ce disque, elle dit, avec un air forcé plutôt blasé, « Bien sûr. Je ne pouvais vraiment rien demander de plus. La tournée est à guichets fermés. Nous avons vendu huit millions de disques. » Et puis elle dit, « Tout est génial, » ce qui me fait penser qu’il y a dû y avoir des jours où tout n’était pas si génial.
 
Une partie de la déception vient probablement du fait que Born This Way est sorti à la même période que le destructeur « 21 » de Adele, qui s’est placé n°1, a gagné toutes les récompenses de la planète Terre, et refuse de céder sa place au sommet des charts. Le succès monstre de cet album a conduit à toutes les comparaisons : Adele, et non Gaga, est la voix de leur génération ; la musique acoustique, la musique soul, la vraie musique – et non le son électronique de Gaga – sont ce que les gens désirent entendre.
 
Malgré le fait que la musique électronique ait finalement touché le grand public, elle n’est pas toujours prise sérieusement. Lorsque j’aborde cela, Gaga dit, « Je pense que nous savons tous deux que la musique acoustique n’est pas mieux que la musique électronique. La musique électronique requiert une quantité phénoménale d’expertise technique – il faut vraiment connaitre les mathématiques et la beauté de la musique. Au risque de paraitre snob, si vous ne comprenez pas vraiment comment faire de la musique électronique, il est peut être plus facile pour vous de faire une croix dessus. »
 
Mais Lady Gaga fait comme elle veut. Adele attire de multiples générations, en partie car elle admire le son d’une ère antérieure, une musique qui tire sur la corde sensible des gens qui achètent encore des CD. Gaga, d’un autre côté, courtise la controverse, les auditeurs peu faciles. Elle est la femme du fossé des générations, une iconoclaste qui agite les changements sociaux et politiques (comme en témoigne sa Born This Way Foundation). En même temps, elle est une musicienne assez habile pour réorchestrer ses chansons et les chanter en live dans n’importe quel style imaginable, comme elle l’a fait l’an dernier lorsqu’elle a réécrit sa chanson « You and I » pour Bill et Hillary, lors de la célébration du 65ème anniversaire du Président au Hollywood Ball.
 
Elle est aussi assez habile, technologiquement parlant, pour pivoter entre le fait d’être l’une des personnes les plus « aimées » sur Facebook – et la Reine incontestée de Twitter (avec plus de 27 millions de followers) – et le fait d’être la première célébrité à créer son propre réseau social, LittleMonsters.com, qui a été lancé début juillet. (Pourquoi Zucherberg aurait-il tout le trafic ?) A moins de faire se produire les fans à sa place, c’était l’étape suivante logique pour une artiste qui clame qu’elle « continuera à devenir ce qu’ils veulent que je sois. »
 
« Je ne suis plus le début, » dit-elle. « Je ne me vois plus comme le centre. Ils sont le centre. Je suis l’atmosphère qui les entoure. » Elle fait aussi attention à ne pas voir ses fans dans le monde comme une masse non différenciée. « J’essaie de trouver les moyens de connaitre les fans individuellement puis de les réunir grâce à la musique. C’est ça le défi. »
 
En effet, sa plus grosse inquiétude lorsque nous sommes à Tokyo est sa performance à venir en Indonésie. Elle a programmé que son show là-bas se tienne au Bung Karno Stadium, 52.000 places, le plus grand lieu de Jakarta (qui a été l’une des dates les plus vite vendues de la tournée). « Tout le monde me dit qu’on ne pourra peut-être pas y aller, et ça me fait beaucoup de peine. Car pour moi, c’est précisément la raison pour laquelle nous devons aller là-bas : il y a là-bas des groupes extrémistes qui sont violents, et c’est pour ça qu’ils ont besoin du message de Born This Way. Cela n’a rien à voir avec la manière dont je m’habille ou mes chansons ; cela a à voir avec le pouvoir du message et la mobilisation de la jeunesse. » Vous les avez inquiétés, lui dis-je. « Oui, comme si je venais avec mon pistolet-laser homosexuel et que je rendais tout le monde gay. » (Le show fut finalement annulé après des menaces de violence.)
 
Lorsqu’on en vient aux critiques et à la controverse, vous semblez plus forte que la plupart des filles, lui dis-je.
 
« Je suis plus forte que la plupart des filles. Je dirais même que je suis plus forte que la plupart des gens. Je suis rarement vraiment secouée au fond de mon âme. Bien sûr, certaines choses peuvent me prendre au dépourvu, mais en général je suis plutôt concentrée sur mon travail, et d’une certaine manière ça me sauve de tout le bruit autour. » Elle baisse les yeux pendant un moment et tripote ses bracelets. « C’est facile quand vous avez du succès de ressentir cette piscine d’eau profonde qui vous tire vers le bas. Vous devez juste vous rappeler : Ce n’est pas moi, tu te rappelles ? Et ça ne prend qu’une seconde. »
 
La plupart des gens qui passent du temps dans l’orbite de Gaga reviennent de cette expérience dans un état de stupéfaction totale. Comme Terry Richardson le dit, « Cette fille sait comment les choses vont ensembles, ce qui fonctionne. Tous ceux qui sont conviés dans cette énergie ressentent ça, ce ne sont que des bulles, ça bouge. » C’est exactement ce que j’ai ressenti lorsque je l’avais suivie pendant une semaine en 2010. Mais j’étais aussi revenu avec quelque chose d’autre : de l’inquiétude. Elle était parfois cinglée, occasionnellement au bord de la démence, et elle semblait exténuée, au point où elle s’était endormie au milieu de l’une de nos discussions. Comment va-t-elle faire pour continuer ? Comment une artiste peut-elle se réinventer chaque jour de manière si élaborée et ne pas se perdre ?
 
Mais maintenant à Tokyo, Gaga a l’air plus calme et plus concentrée mais aussi plus mature. Peut-être a-t-elle totalement accepté le fait qu’elle est aux commande d’une entreprise avec beaucoup de parties amovibles, incluant plus de 100 personnes et une scène de plusieurs millions de dollars qui voyage dans le monde à bord de trois 747. Une nuit en coulisses, je la vois avoir une conversation tendue avec son chorégraphe Richy Jackson, sur le fait de déplacer le groupe en haut du château. Richy n’est pas d’accord avec elle. « C’est difficile pour le groupe, » dit-il. « Mais je danserai autour d’eux là-haut, » dit Gaga. « Je ne suis là-haut que deux fois. » Longue pause. « Richy, fais-moi confiance. » Il laisse échapper un profond soupir et dit, « Ohhhhh-kay. On va les déplacer. » Alors que Jackson s’éloigne, Gaga dit, « Je t’aime ! »
 
Avec la Haus of Gaga, elle s’est entourée de gens qu’elle aime et admire. « La Haus est devenue un intense groupe d’amis formidables qui sont tellement talentueux, » dit-elle. « Et lorsque vous voyez vos amis devenir encore meilleurs dans ce qu’ils font, vous êtes tellement fiers. Parce que, écoutez, je ne suis pas la seule chose sur laquelle ils vont travailler. Je suis actuellement une sorte de véhicule pour toute leur créativité. »
 
Marla Weinhoff, qui a travaillé avec Richard Avedon durant de nombreuses années, a rencontré Gaga pour la première fois lorsqu’elle a été embauchée pour la production du clip « Born This Way » ; elle est désormais directrice artistique de la Haus of Gaga. « Mes amis cyniques dans la mode ne me croient pas lorsque je leur dis que toutes les idées viennent d’elle, mais c’est vrai. Tout vient de sa tête, de ses rêves. Avedon est le premier photographe avec lequel j’ai travaillé, et je me sentais si inspirée à créer ces images dont je savais qu’elles dureraient éternellement. Le processus était incroyable. Et je sens que j’ai vraiment la même chose avec elle et son équipe. » Mais elle ajoute, « Vous ne pouvez pas venir avec un énorme ego. Si vous arrivez à ressentir son monde et ce qu’elle essaie de dire et faire, alors c’est incroyable. »
 
Sans surprise, c’est exactement ce qui est arrivé avec les personnes de Coty, la société de parfums qui s’est associée à Gaga pour développer Fame, son premier parfum ; après une certaine résistance, ils sont tombés sous le charme de Gaga. « Tout ce qu’elle veut c’est une collaboration créative haut de gamme avec des gens en qui elle a confiance, » dit Yael Tuil, la vice-présidente du marketing global de Coty, « alors nous avons travaillé avec Nick Knight, qui a dessiné la bouteille, et Steven Klein pour la campagne. »
 
Au tout premier meeting, Gaga a dit aux responsables de Coty qu’elle avait une idée. Elle voulait que le parfum soit noir dans la bouteille, mais transparent une fois vaporisé. « J’étais enceinte à ce moment, » dit Tuil, qui parle avec un fort accent français. « J’ai commencé à transpirer du front. J’ai dit : ‘Mon Dieu ! C’est impossible ! Comment pouvons-nous faire ça ?’ » Mais Gaga a insisté : elle ne signerait pas le contrat à moins qu’ils trouvent comment faire. Alors Coty a envoyé les scientifiques en Recherche & Développement au travail, et ils sont finalement sortis du laboratoire avec un liquide qui faisait exactement ça. Voilà ! Maintenant Coty a un brevet en attente pour cette technologie opaque-vers-claire. « Elle est vraiment derrière la plus importante innovation dans l’industrie du parfum de ces 20 dernières années, » dit Tuil. « Elle repousse vraiment les limites. »
 
A Tokyo, je dis à Lady Gaga qu’au début j’étais sceptique sur le fait qu’elle fasse un parfum de célébrité. Mais après avoir vu la bouteille en forme d’œuf (inspirée par le sculpteur Constantin Brancusi) avec le « jus » noir clapotant à l’intérieur, la campagne publicitaire outrageuse, j’ai changé d’avis. Quand je m’excuse presque auprès de Gaga pour avoir douté d’elle, elle me dit « Non ! Je pense que c’est bien que vous ayez douté de moi. C’est un parfum ! Vous avez froncé les sourcils, j’apprécie ça. Je l’ai fait aussi. Au début je ne voulais pas vraiment le faire. Mais je voulais créer un parfum dont quelqu’un qui travaille dans les parfums dirait ‘Bien, comment ont-ils fait ça ?’ Et bien sûr, une fois qu’il a senti si bon, tout le monde a dit ‘Ne pourrait-on pas le faire apparaitre clair pour que nous n’ayons pas à expliquer qu’il ne tachera pas les vêtements ?’ Et j’ai dit non. Le parfum s’appelle Fame ; il doit être noir. Il doit être attirant. Vous devez vouloir le lécher, le toucher et le ressentir, mais son aspect doit vous terrifier. »
 
Gaga a fini par voir le projet entier, et spécialement la campagne publicitaire, comme un genre d’expérimentation punk-rock. « Nous avons pensé : Faisons la campagne de parfum la plus épique de tous les temps et ne nous occupons pas du tout s’ils pourront l’imprimer ou la passer à la télé. Faisons juste ce dont nous avons toujours rêvé. En fait nous avons fait ça purement pour le plaisir de travailler ensemble. Nous étions en quelque sorte assis dans un coin à nous dire ‘Je n’arrive pas à croire qu’ils nous laissent faire ça !’ »
 
Un soir, nous nous empilons dans deux vans et roulons sous une pluie battante durant presque une heure pour aller à Sumida, un quartier industriel aux abords de Tokyo, pour assister à une sorte de cérémonie d’inauguration du Tokyo Skytree, une tour de radiodiffusion avec un restaurant et un observatoire au sommet – la plus haute tour du monde. Avant de quitter l’hôtel, Gaga est indécise sur ce qu’elle doit porter. « Dois-je me changer ? » dit-elle à personne en particulier, et je sens son équipe retenir son souffle. (Le fait que Gaga change de tenue, comme on peut l’imaginer, est semblable au lancement d’une navette spatiale.) Oui c’est décidé. Elle va se changer. Elle se glisse dans sa suite et, un long moment plus tard, réapparait avec une étoile en plastique dans les cheveux et la petite robe la plus folle du Japon. Elle est faite de centaines de petits miroirs en plastique qui ont été cousu ensemble pour former des boites de style origami. « C’était devant ma porte un matin, » me dit-elle, « avec aucune note, aucun nom. Je ne sais absolument pas d’où elle vient. » Elle a décidé de l’emmener faire un tour, sachant qu’elle sera photographiée par chaque revue du pays, dans l’espoir que le créateur se manifestera.
 
Alors que nous sortons du garage souterrain, nous nous arrêtons pour saluer deux douzaines de gosses japonais trempés jusqu’aux os qui attendent, comme d’habitude, pour l’apercevoir. Je m’interroge à voix haute sur la réalité de vivre avec une telle célébrité. « C’est définitivement plus compliqué pour moi d’aller faire un tour à pieds, » dit-elle. « Je ne peux plus vraiment faire ce genre de choses. Hier, je suis allée dans Harajuku pour acheter des bustiers à 10 $ et manger un cône de glace. Donc j’ai fait un truc normal de fille new-yorkaise pendant un moment à Tokyo. » Vous avez été tranquille ? « Non, » dit-elle, « Il y avait une centaines de gens qui me suivaient dans la rue. Mais j’adore ces gens, alors ça va. »
 
Peut-elle toujours profiter d’instants privés à l’extérieur ? « Je suis un esprit complétement libre, alors, même si vous ne le voyez pas, je trouve toujours le temps d’aller faire l’amour la nuit sur la plage quand il n’y a personne aux alentours. Ou je vais dans un bar et me soule complétement et danse la poitrine à l’air. C’est juste que personne ne voit jamais ça, car j’ai de vrais bons amis qui ne me laissent jamais faire ça lorsque je peux me faire prendre. Ou, je ne devrais pas dire ça. Je me fiche que les gens voient ce genre de chose ; c’est juste que je suis moins encline à les faire s’il y a des tonnes de gens autour. J’aime avoir des moments privés, mais en public ! Où je peux me sentir un peu irresponsable et agir comme si j’avais 19 ans. »
 
Cela semble être le bon moment pour m’enquérir de sa vie amoureuse. Lady Gaga est finalement passée outre sa relation chaotique avec Luc Carl. Ces derniers temps, elle a été photographiée avec l’acteur bien foutu de Vampire Diaries, Taylor Kinney, dont elle semble éprise. « Je passe juste des très bons moments à performer, faire de la musique, voler à travers le monde pour voir ceci ou cela… » Elle me décoche un sourire rusé et entendu. « Ecoutez, j’ai 26 ans, et je veux faire des disques, faire la fête, déconner, porter du faux Chanel et faire tout ce qu’une fille de 26 ans a envie de faire. Je ne veux pas encore m’installer et vivre dans une maison ou quoi que ce soit. Je veux juste continuer à me balader sur cet arc-en-ciel. »
 
Lorsque nous arrivons enfin au Skytree, il y a comme promis un grand nombre de journalistes, et des centaines d’officiels japonais tous habillés exactement de la même manière, qui nous suivent alors que nous trainons partout dans les étages supérieurs à la recherche d’une vue. En vain. On ne peut rien voir, sauf une soupe épaisse et grise. Mais heureusement Lady Gaga est là, prête à être photographiée. Elle s’approche d’un micro et dit quelques mots au sujet de « ce magnifique pays. » Lorsqu’elle termine, nous nous dirigeons vers un autre étage, où on lui décerne une sorte de plaque et un gros sac de cadeaux. Elle regarde dans le sac et en sort un petit jouet en peluche : c’est Sorakara-chan, la mascotte du Skytree, un mignon petit personnage de cartoon dont les cheveux ont la forme d’une étoile. « C’est vous, » lui dis-je. « Je sais ! » dit-elle, puis s’éloigne en rigolant.
 
« L’autre jour, » me dit plus tard Lady Gaga, « quelqu’un a demandé à un très bon ami à moi comment je suis. Et je lui ai demandé ‘Bien, qu’as-tu répondu ?’ Et il m’a dit : ‘Je veux que vous imaginiez toutes les idées créatives que vous ayez eues à l’esprit. Puis je voudrais que vous imaginiez que ces idées ne s’arrêtent jamais – elles viennent tout le temps. Puis je voudrais que vous imaginiez que vous créez chacune d’entre elles. C’est comme ça que je la décrirais. C’est comme s’il n’y avait aucune petite étoile qui n’atteigne pas sa galaxie. Elle attrape chacune d’entre elles et les met dans le ciel, et elle est la plus importante étoile qui ait jamais existée.’ »

 

Traduction par Christelle

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20 commentaires on “Article de Vogue !”

  1. Bravo à christelle pour ta traduction qui as du etre beaucoup de travaille

    J’adore cette article !!!Elle y parait tellement complexe mais simple à la fois ,consciente de ses erreurs mais elle reste libre .

  2. Merci Christelle pour cette superbe traduction ! Ça a du te prendre du temps ! Très bel article, le premier qui parle vraiment du Born This Way Ball. Il aborde les sujets que j’aime : le Japon, sa créativité, la mode. J’ai adoré cet article !

  3. Merci pour l’article, c’était très sympa à lire. Faux-ami : Au tout premier meeting, Gaga a dit aux responsables de Coty.. Il faut dire RÉUNION.

  4. Nan mais c’est sérieux Gaga dans une chaise roulante parce qu’elle est trop soul alors qu’elle est en pleine tournée :o Enfin si c’était elle, elle joue tellement avec les journalistes et nous aussi.
    Confirmation du film par Richardson :D
    J’ai adoré cette interview

  5. J’ai complétement adoré l’article, j’avais vraiment l’impression d’être présente. :p
    Hâte que la promotion du parfum commence véritablement, ainsi que celle d’Artpop, et on aura de nouveau le droit à des tonnes d’interviews news etc. !
    merci pour la traduction Christelle :)

  6. Pour commencer un grand merci à Christelle pour ce long et magnifique travail de traduction.
    Passionnant de bout en bout avec des moments cultes (les fans japonais, la robe en viande ou Terry Richardson), son rapport à la sincérité et son goût des petits mensonges. Comme elle le disait : « L’art est un mensonge. Et chaque jour je tue pour que cela soit vrai ».
    Comme eux, je pense que la meilleure expérience à faire de Gaga est en live. Sa musique, sa voix, sa facétie, ses costumes ; tout est mieux en live ! Effectivement, pour l’avoir vu en live, c’est là que l’on prend la pleine dimension du « phénomène », de son talent de musicienne, de son génie créatif avec des spectacles conçus comme un opéra pop moderne, et surtout son charisme scénique qui fait d’elle une artiste unique. Comme eux je suis sous le charme de sa voix geignarde et endormie (comme à l’époque Fame) et je trouve que sa façon de se concentrer sur son travail lorsque les critiques pleuvent démontre une grande maturité. La création c’est sa bulle !
    Et Carla Weinhoff qui confirme que Gaga est à l’origine de toutes les idées de la Haus, c’est une info capitale et une claque pour ses détracteurs ! Sans oublier son rôle dans la volonté de créer un produit qui révolutionne l’industrie du parfum. Superbe article qui met bien en valeur les nombreuses qualités de notre Mother Monster (à l’évidence elles sont immenses).

  7. J’ai beaucoup aimé cet article! Très intéressant. Franchement, bravo à Christelle pour la traduction de ce long texte! C’est clair et comprehensible. Chapeau! :)

  8. Merci pour l’article. J’aime baucoup sa musique.
    Moi aussi je crée des parfums depuis que l’on m’a offert un orgue à parfum Arts-set 120 fragrances. J’adore ça !

  9. Merci à Christelle pour la traduction !
    L’article était vraiment très bien, avec des infos intéressantes concernant la tournée ou encore le processus créatif au sein de la Haus

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